Neuf ans de disparition

Mis en avant

Je t’ai vue pour la dernière fois en janvier 2008, lors des funérailles de notre grand-père.
Nous étions assises l’une à cote de l’autre à la table de la cuisine d’une tante qui nous hébergeait.

Je m’affairais à préparer une video souvenir. Tu m’aidais.

Il était plus de trois heures du matin.Tu m’as demandé pourquoi je m’acharnais à finir un projet trop gros pour le peu de temps que j’avais devant moi.
Je t’ai répondu: “Pour qu’on puisse revoir grand-papa au moins une fois comme on l’a connu avant la maladie, avant l’Alzheimer’’.

Et si je te revoyais aujourd’hui Marilyn, pourrais-je te reconnaître?

Ce soir je regarde des images de toi. Que se passe-t-il dans ta vie en ce moment? Est-ce que tu vis toujours? J’attends le moindre signe de toi.

Elles sont précieuses ces images. Je ne sais pas si j’en aurai d’autres un jour. J’aurais souhaité en avoir plus.

Je ne sais toujours pas ce qui s’est passé le 17 février 2008.

Si tu as des raisons pour ne pas revenir, je les comprendrai, mais dis quelque chose s.v.p.
S’il t’es arrivé un drame si grave que la honte t’étouffe, sache que le passé n’a pas d’importance. Seuls le présent et le futur comptent.
Si tu es contrée au silence, je continuerai de te chercher en me disant que même dans les heures les plus sombres, même quand une situation semble désespérée, certaines personnes se sont accrochées à l’espoir qui a finalement prévalu.

Même quand quelque chose semble inévitable, il y a toujours une lumière au bout du tunnel.

Je te l’ai dit en février 2008, à peine quelques jours avant ta disparition et j’y crois toujours autant aujourd’hui.

Articles de presse:
http://www.journaldemontreal.com/2017/02/16/recompense-de-30-000-pour-retrouver-marilyn-bergeron-1
http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1017222/disparition-marilyn-bergeron-recompense-bonifiee-30000-dollars
http://www.tvanouvelles.ca/2017/02/16/recompense-de-30-000-pour-retrouver-marilyn-bergeron
http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/faits-divers/201702/16/01-5070147-recompense-de-30-000-pour-retrouver-marilyn-bergeron-disparue-en-2008.php
http://ici.radio-canada.ca/breve/82588/les-parents-de-marilyn-bergeron-en-ont-fait-lannon

Marilyn Bergeron: récompense portée à 30 000$

La récompense pour retrouver Marilyn Bergeron est portée à 30 000$


http://www.quebechebdo.com/faits-divers/2017/2/16/relance-des-recherches-pour-retrouver-marilyn-bergeron.html

Il y a 7 ans, Marilyn disparaissait.

Mis en avant

Je cherche dans mes souvenirs le miroir que j’ai dû fracasser depuis ce jour fatidique où je tente de la retrouver.

Sept… Chiffre magique selon certaines croyances.
Sept… Tout comme l’âge de raison, l’année sabbatique, les péchés capitaux, les merveilles du monde, les femmes de Barbe Bleue et l’art du cinéma.

Sept ans déjà que tu allais te promener Marilyn pour ne plus revenir. Qui l’aurait cru? Certainement pas moi, ni celle que je connais comme ma soeur.

Qu’est-ce qui m’a le plus marqué en sept ans? Cette question revient ces jours-ci.
Ce soir, sept mots résonnent dans ma tête:

Espoir. Le favori. Celui qui aide toutes les familles de personnes disparues à continuer à vivre et espérer. J’espère pouvoir l’utiliser un jour pour autre chose.
Non. Pour le nombre de fois où je me suis fais dire non depuis les sept dernières années. Dommage pour ceux qui croyaient me voir baisser les bras.
Famille. Pour la mienne qui survit malgré la douleur et qui trouve le moyen de s’amuser malgré tout.
Violence. Pour souligner mon exaspération envers les gens qui se contentent de le dire et ne font rien pour les victimes de cette violence. Vous vous connaissez. Vous devriez exiger plus.
Four à pizza. Pour représenter toutes les horreurs entendues qui sont un mal nécessaire pour faire avancer une enquête de disparition.
Maladie. À devoir considérer toutes les hypothèses, on apprend aussi sur le mal de vivre, l’exploitation humaine et la maladie mentale. Il y a trop de gens qui se sentent seuls.
Silence. Celui des personnes qui ne parlent pas et qui devraient peut-être essayer, juste pour se sentir mieux.

Sept ans. Voici ce que l’Espace Citoyens me dit:
Lorsque le délai de 7 ans à compter de la disparition est écoulé, un jugement déclaratif de décès peut être prononcé par la Cour supérieure.

Cette fois-ci, c’est moi qui dit non.
Parce que j’ai l’espoir de retrouver ma soeur vivante grâce au soutien inestimable de ma famille, de mes proches.
J’ai la chance de n’être ni malade, ni battue et de ne craindre ni les fours à pizza ou tout autres scénarios sinistres.
Je ne garderai jamais le silence sur la disparition de Marilyn. Je vais continuer à me battre pour la retrouver.

Comme le dirait ma petite fille, je t’aime tous les (sept) jours de la semaine Marilyn.
Fais-moi un signe.

Nath xx

DISPARAÎTRE

Mis en avant

Par Andrée Béchard, mère de Marilyn

Ne me parlez pas du temps qui arrange les choses
Ne me parlez pas d’étapes à traverser
Ne me parlez surtout pas de deuil
Mais parlez-moi d’espoir
Donnez-moi des forces; celles qui permettent de s’accrocher
Dites-moi de ne pas désespérer.

Disparaître,
C’est le silence d’Elle
De sa voix, de sa joie, de sa musique
Ce sont des instants de vie sans Elle;
Ceux qu’on voudrait partager pour mieux aimer
C’est un regard posé tous les jours sur les mêmes objets; les siens
Entremêlés des gestes quotidiens
Où paroles et questions  se perdent jusqu’au lendemain

Ne me parlez pas de passer à autre chose
Dans l’autre chose, je La retrouve quand même
Ne me parlez pas comme si elle n’existait plus
Elle est juste ailleurs; peut-être même différente
Ne me parlez pas de souvenirs et d’oubli à la fois
Mais parlez-moi de volonté
De cette énergie qui combat la peur
Donnez-moi cette sagesse;
Celle qui permet de croire et d’avancer

Disparaître,
C’est parler d’Elle au présent
Sans compter les heures et les jours qui m’en séparent
La noirceur de la nuit qui revient aide à effacer sa lourde absence
Pourtant, j’ai hâte que le nouveau jour arrive!
Qui sait,…au réveil…
Aurais-je enfin la nouvelle tant attendue!

MESSAGE À MARILYN

À notre fille chérie, Marilyn

Depuis ce 17 février 2008, nous ne cessons de penser à toi.  Nous te cherchons partout.
Être sans nouvelles de toi a profondément bouleversé nos vies. Tu sais combien nous t’aimons.
Nous aimerions tant te voir et te serrer dans nos bras.
Où que tu sois et peu importe ton choix de vie; nous te respecterons. Nous serons toujours là pour te soutenir, t’encourager et t’aider si c’est ce que tu veux.
Nous te demandons Marie,… de communiquer avec nous, ta famille; cela nous soulagerait tellement d’entendre ta voix.
Tu ne peux t’imaginer combien ça nous rendrait heureux!
On est si inquiets  et tristes!
Donne-nous des nouvelles Marie! On a besoin de toi!

Maman et papa qui t’aiment xxx

Une tante absente

Entre chaque St-Valentin et 17 février, je repasse dans ma tête les dernières bribes de nos conversations.

Qu’est-ce que j’ai manqué? Est-ce qu’il y a des mots qui auraient pu faire une différence? Est-moi qui n’écoutait pas ou toi qui ne disait point?
Étions-nous toutes les deux sous une fausse impression, celle que nous allions poursuivre la conversation sous peu? As-tu été forcé de te taire?
Est-ce que je saurai un jour la cause de ce silence? Ou devrais-je vieillir en espérant toujours entendre ta voix?

J’ai appris à chérir tes mots comme des trésors. Malgré les jours qui passent, je les force à s’accrocher à ma mémoire pour qu’ils résonnent en moi comme si tu les avais prononcés hier.
Le temps n’arrange pas les choses. Il m’éloigne de ton rire, de ton intonation, de tes phrases et de tes chansons. Je cherche des parcelles de toi à travers les photos, les souvenirs et je me demande pourquoi je n’en ai pas plus.

Le temps a emporté des proches qui sont partis sans pouvoir te dire au revoir.
Le temps me fait même dire des gros mots que je ne mâche pas envers ceux qui ne trouvent que des excuses.
Le temps passe, implacable, mais l’espoir demeure que tu seras retrouvée.
Je me dis malgré tout  « Après la pluie, le beau temps ».

Le temps a aussi fait de toi une tante.
Toi qui aime tant la musique, nous lui partageons ta passion.
En temps et en heure, elle connaîtra ton histoire.
Seras-tu avec nous pour la lui raconter?

Je t’attends et je te cherche Marilyn, tante adorée.

Avec amour,
Nathalie, Laurent & Lætitia

Lettre d’une meilleure amie d’enfance

Lettre écrite par Meggy (Marie-Ève Gagnon) en février 2011 pour la soirée « Pensez à Marilyn »

Chère Mary,

Il y a environ 19 ans de cela, nous nous sommes rencontrés. Naïve, jeune et innocente… rien ne pouvait nous arrêter. Seulement à quelques maisons de la mienne se trouvait la tienne. Que de souvenir me ramène à toi. Les jeux inventés ou nous avions toutes 2 notre robin des bois perchés dans les arbres derrière chez vous. Le fameux spectacle dans ton sous-sol ou nous avions fait payé 2$ par personne pour aller chez McDonald. Les milliers de lettre écrit durant les heures de cours ou nous avions soigneusement inventé un code secret afin que personnes comprennent. Le basket, Nirvana, pulp fiction… Notre groupe de musique ou il n’y avait que toi avec du talent. Sortir par la fenêtre de mon sous-sol pour venir a la tienne et discuté jusqu’aux petites heures du matin. Notre première cigarette… tu avais eu la brillante idée de mettre de la poudre a bébé sur le ventilateur du plafond pour que Michel et Andrée ne se doute de rien! Mais qu’elle dégât! Notre première brosse, ou maman Andrée avait tout découvert. Et puis il a eu ton déménagement… nous avons toutes 2 évolués chacun de notre coté mais en gardant toujours contact.

C’est bien ca des vrai amies, pas besoin de se parler tous les jours et on ne doute jamais l’un de l’autre. Tu fais parti de ma vie même si aujourd’hui nous ne sommes pas ensemble et que depuis plus de 3 ans nous n’avons pas discuté de vive voix, a mes coté tu es la, dans les bons comme dans les mauvais moments. Tu fais parti de moi!

Je t’aime mary

Ta sœur de cœur Meggy